Je n’ai jamais été un grand voyageur malgré le fait que j’adore découvrir le monde. Cette fois, la découverte et le voyage se sont confondu pour mon plus grand plaisir ; car je me suis retrouvé à Grand Bassam, ancienne ville coloniale et ex capital de la Côte d'Ivoire pour une séance photo en compagnie d’une ravissante jeune fille qui connaissait les secrets de la photographie.
En 5 années de carrière, j’ai rencontré pas mal de mannequins : des plus corpulentes aux plus fines, des plus timides aux plus extrovertis, des plus pudiques au plus naturiste. Tout ! Cette fois-là, j’avais affaire à une Miss, c’est comme ça qu’elle s’est elle-même surnommé. Ce n’était pas la première fois qu’on travaillait ensemble puisqu'on avait déjà bosser ensemble sur une séance photo tard dans la nuit. C’était ma première expérience du genre !
Pour la nouvelle séance photo, elle m’avait spécialement déplacé de mon lieu d’habitation, Abidjan, pour que nous nous rendions ensemble à Bassam. J’ai fini par céder après lui avoir proposé de multiples idées de shoot sur Abidjan ; mais malgré tout elle a insisté. Je me suis donc retrouvé à Bassam sous un chaud soleil. Je ne connaissais pas véritablement cette ville, même si je l’avais visité 5 fois mais je n’étais toujours pas habitué à son très chaud soleil et à son ambiance très coloniale dû aux vestiges qui sont resté intacts. Avant de commencer la séance, j’étais aux côtés de mon modèle, histoire d’échanger un peu pendant qu’elle se faisait maquiller. Je le fais toujours pour détendre l’atmosphère. Nous avions beaucoup rigolé sous l’air très méfiant de son manager qui me regardait d'un mauvais œil. Peut-être qu’il pensait que j’avais un faible pour son protégé ? Ce n’était pas le cas en tout cas. Après avoir longuement échangé, le moment était venu pour passer aux choses sérieuses.
Miss Allou avait envoyé un tas d’habits, j’étais étonné et inquiet en même temps. Inquiet, parce que nous étions en pleine ville et qu'aucun d’entre nous avait une maison ou ne connaissait une personne chez qui elle aurait l’opportunité de se déshabiller ensuite se changer. Elle s’était faite maquillé, d’ailleurs, sous un hangard près d’un resto branché de la ville. Exposer à toutes sortes de choses, Miss n’a pas manqué de se déshabiller devant moi. Je me rappelle que nous étions toujours sous l’Hangard. J’ai vraiment été étonné qu’elle puisse faire une chose pareille, je regardais autour de moi afin de trouver un endroit propice pour qu’elle se change décemment, mais rien du tout ! Je me suis alors mis de dos face à elle dans le bute de la cacher afin qu'elle puisse se changer dans une certaine intimité. C’était une expérience incroyable ! Après cet acte, j’ai compris que mon modèle avait confiance en moi. Elle savait que j’étais uniquement intéressé par mon travail et en aucun cas, j’aurais éprouver du désir à son égard. Elle avait vu juste ! Je n’étais pas venu à Bassam pour elle ou pour son corps, non ! J’étais venu pour vivre ma passion pour les photos et rien que les photos. Aussitôt, nous avions commencé la séance sous un brûlant soleil, il faisait vraiment chaud. Miss avait une allure de star hollywoodienne avec une démarche qui dégageait un charisme et une confiance débordante en soi. Le moment de prendre les photos était à pique ! Pendant que des dizaines d’enfants criaient et appréciaient mon modèle, je me suis mis à la photographier sans la diriger. Je lui avais dit de faire comme si elle était chez elle, elle a même fait mieux ! Elle était détendue trop même, elle connaissait les poses, elle se cambrait montrant ses belles courbes, exhibant son corps sous les applaudissements des passants. C’était un spectacle
magnifique !
Je n'ai raté aucun moment, j’ai pris les photos en rafale pour immortaliser tout ça. Près de 100 photos dont seulement 10 ont été exploité pour la première tenue. Les plus expressives comme toujours ! Après ça, lorsqu’elle devait se changer mon rôle était le même pas, c’était moi qui était chargé de la cacher aux yeux des voyeurs. Une grande preuve de complicité ! Nous étions arrivés dans la ville à 11 heures et nous en sommes repartis à 17 heures. 6 heures de shoot ! La séance photo était teintée d’une joie sans pareille qu’on n’avait même pas vu le temps passer. La séance s’est terminée sur un bateau où mon modèle s’était vêtu avec beaucoup d’élégance, d’un colle Mao tout rouge et d’un pantalon pat def blanc. En année 70, comme j’aime! C’était comme un cadeau pour la fin, j’étais vraiment enchanté. Au total nous avions pris 300 photos dont 30 ont été exploité. Un sacré boulot ! Le souvenir de cette séance photo et de la complicité avec mon modèle ne me quitteront jamais !


